Pourquoi whitelister un pentester sur un WAF

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Lorsqu’une entreprise réalise un test d’intrusion applicatif, l’objectif principal est d’évaluer le niveau de sécurité réel de l’application web, de ses fonctionnalités, de son code et de son exposition aux attaques. Pourtant, un élément peut rapidement fausser les résultats : la présence d’un WAF (Web Application Firewall).

Dans ce contexte, whitelister un pentester sur un WAF est une pratique courante et souvent nécessaire pour garantir la pertinence des tests. Cette démarche ne vise pas à réduire la sécurité, mais à permettre une évaluation fiable des vulnérabilités applicatives.

Le rôle d’un WAF dans la protection des applications web

Un WAF est conçu pour filtrer et bloquer des requêtes HTTP considérées comme malveillantes. Il agit comme une barrière de protection entre l’utilisateur et l’application, en détectant notamment :

  • les tentatives d’injection SQL
  • les attaques XSS (Cross-Site Scripting)
  • les scans automatisés
  • certaines signatures d’exploits connus

Le WAF constitue donc une couche de défense importante dans une stratégie de cybersécurité. Cependant, cette couche peut aussi interférer fortement avec un audit de sécurité.

Pourquoi un WAF gêne durant un pentest

Lors d’un pentest applicatif, le consultant va envoyer des requêtes spécifiques, parfois inhabituelles, dans le but de tester la robustesse des contrôles internes de l’application. Or, ces requêtes ressemblent souvent à des attaques.

Le WAF peut alors :

  • bloquer des charges utiles avant qu’elles n’atteignent l’application
  • générer de faux positifs ou des erreurs de réponse
  • empêcher l’exploration complète de certaines fonctionnalités
  • masquer des vulnérabilités réelles présentes côté application

Le résultat est un test partiel, où l’auditeur ne mesure plus la sécurité de l’application elle-même, mais la capacité du WAF à filtrer les requêtes.

L’objectif d’un pentest : tester l’application, pas le WAF

Un test d’intrusion a pour but d’identifier les failles de sécurité intrinsèques d’une application : erreurs de logique métier, mauvaise gestion des accès, injections, failles de configuration, etc.

Même si un WAF apporte une protection supplémentaire, il ne corrige pas les vulnérabilités présentes dans le code ou dans l’architecture. Une faille bloquée aujourd’hui par une règle WAF peut devenir exploitable demain si :

  • la règle est désactivée
  • l’attaquant trouve un contournement
  • la configuration change
  • une nouvelle technique d’exploitation apparaît

C’est pourquoi le pentest doit se concentrer sur la sécurité réelle de l’application, indépendamment des protections périmétriques.

Whitelister : une approche méthodologique pour un audit fiable

Whitelister un pentester sur un WAF consiste à autoriser son adresse IP ou son trafic à passer sans filtrage, afin de ne pas biaiser les résultats.

Cette démarche permet :

  • de tester toutes les fonctionnalités de l’application sans blocage artificiel
  • d’identifier les vulnérabilités applicatives réelles
  • de produire un rapport complet et exploitable
  • de fournir des recommandations correctives pertinentes

Il ne s’agit pas de supprimer la sécurité, mais de garantir une évaluation technique cohérente.

Garder le WAF en tête dans l’analyse de criticité

Même lorsqu’un pentester est whitelisté, le WAF reste un élément important dans l’évaluation globale du risque. Une vulnérabilité détectée peut avoir un impact différent selon que le WAF bloque ou non certaines tentatives d’exploitation.

Ainsi, le rapport de pentest doit prendre en compte :

  • la présence du WAF dans l’environnement
  • son efficacité réelle face aux attaques
  • les possibilités de contournement
  • l’impact potentiel en cas de désactivation ou de mauvaise configuration

Le WAF joue donc un rôle dans la réduction du risque, mais ne doit pas masquer les failles sous-jacentes pour l'auditeur.

Pentest et défense en profondeur : une complémentarité essentielle

La cybersécurité repose sur une approche en couches. Le WAF est une barrière supplémentaire, mais il ne remplace pas :

  • un développement sécurisé
  • des contrôles d’accès robustes
  • des correctifs réguliers
  • des audits applicatifs approfondis

Un pentest efficace vise à renforcer la sécurité à la source, en corrigeant les vulnérabilités directement dans l’application.

Conclusion : whitelister pour tester efficacement et corriger durablement

Whitelister un pentester sur un WAF est une étape essentielle pour obtenir un audit de sécurité complet et représentatif. Sans cela, le test risque d’évaluer principalement la protection du WAF, au lieu de révéler les failles applicatives réelles.

Même si le WAF reste un élément important dans la réduction du risque, l’objectif d’un pentest est avant tout de tester l’application web, d’identifier ses vulnérabilités et de permettre leur correction durable.

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